Ce matin le rendez-vous est fixé à sept heures, nous prenons le bateau au port touristique de Puno. Nous embarquons dans un bateau à moteur fermé prévu pour une quarantaine de personnes. Nous ne sommes que huit mais tant mieux! Les deux autres voyageuses qui me semblent être holandaises seront muettes toute la journée. Notre première escale sera pour les îles flotantes sur le lac Titicaca. Cet endroit et ses habitants sont tout à fait exceptionnels. Les Uros sont un peuple qui a toujours vécu sur l'eau, ils fabriquent des îlots à bases de racines de roseaux puis empilent régulièrement d'autres roseaux tous les quinze jours pour créer un sol pour leurs habitations. Toute leur vie tourne autour des roseaux, ils s'en servent pour leurs îlots, leurs habitations, leurs repas... Le village se compose d'une quarantaine d'îlots et de deux mille habitants. Certains acceptent la visite des touristes et en vivent d'autres en revanche vivent reclus. Ce peuple qui ne parle pas espagnol est exceptionnel, ils vivent pieds nus sur leurs îlots, avec leurs visages brulés par le soleil ils ressemblent à l'image du péruvien que l'on a. Ils vivent de pêche et de chasse, ils partent sur leur grandes embarcations de roseaux bien sur! Nous sommes accueillis sur un îlot sur lequel vivent cinq familles, les enfants sont nombreux. Le chef de l'îlot qui est souvent une femme car plus sédentaire que l'homme, mais pas dans notre cas, nous montre la fabrication de leur îlot. Les enfants qui sont au nombre d'une petite dizaine viennent nous chanter des chansons dans différentes langues dont le français (il était un petit navire...). Les femmes proposent à la vente leurs oeuvres de broderies, de bijoux fantaisie, et de petits bricolages. Les hommes sont quand à eux avec les garçons les plus âgés à la chasse. Nous avons passé une bonne heure et demie sur l'îlot, qui a beaucoup plu aux grands comme aux plus jeunes. Les enfants disent imaginer la vie de ce peuple comme celui du moyen âge qu'on leur à décrite à l'école...
Nous remontons à bord de notre petit navire, cette fois en direction de l'île de Taquile. Une heure nous est necessaire pour atteindre un petit ponton sur la côte de l'île. Je vous rapelle que nous sommes toujours à 3810 mètres d'altitude, et les quelques centaines de mètres de sentier pavé qui nous sépare du village sont bien difficiles. Les habitants de cette île ont des costumes complètement différents de ce que nous avons vu jusqu'à présent. Les hommes portent un pantalon noir épai, une chemise de coton grossier blanche, une ceinture multicolore qui suivant le nombre de couleurs indique l'importance de sa place dans la société, et un bonnet soit rouge pour les hommes mariés soit blanc et rouge pour les célibataires. Les femmes portent un pull rouge quand elles sont mariées, des juppes suivant leur statut social, elles en portent plusieurs empilées les unes sur les autres jusqu'à douze! Elle portent également un voile noir pour se protéger du soleil. Les jambes nues avec pour seules chaussures de simples nus-pieds, en ces jours de soleil passe encorebien que la température soit négative la nuit mais par tempsde pluie à 3800 mètresje vous dis pas!!!
Les maisons sont faites de briques de terre et sont relativement modernes, mais evidement il n'y a ni eau ni électricité et encore moins le téléphone. Les batiments comunaux sont élévés à la force des bras de tout les habitants et ceux-ci curieusement sont fait en pierre, les espagnols lors de leur envahissement ont fait un petit tour sur l'île et ont laissé quelques traces comme l'église. Ce qui fait de cette île, une île exceptionnelle c'est sa situation au milieu du lac Titicaca avec une vue incroyable sur la chaine des glaciers boliviens. L'ambiance très particulière de cette îles me fait penser aux îles grecque où je ne suis pourtant jamais allé, et je ne sais l'expliquer, les maison ne sont pourtant pas blanche. Est-ce le bleu profond du lac avec le bleu du ciel, et ces tenues des hommes finalement peut-être un peu ressemblantes, je ne sais. Xavier nous emène sur la place principale et nous laisse un moment car il va rejoindre un moment son épouse qui est infirmière sur l'île. Nous en profitons pour faire un tour dans la coopérative artisanale locale. Nous allons déjeuner ensuite dans un petit resto qui surplomble le lac et au loin les glaciers boliviens. Les restaurateur de l'île ne se sont pas cassé la tête, ils ont décidé d'un menu et d'un prix uniques que l'on sert dans toute l'île. Soupe de quinoa, poisson grillé avec riz et frites puis une maté de coca, rien à dire le prix de 4 euros et bien placé d'autant que tout est excélent. Le bateau pendant notre escale a fait le tour de l'île et nous venons à sa rencontre en traversant la petite coline superbe sur le sentier pavé. Les filles se régalent encore des petits bijoux fantaisie que les femmes de l'île réalisent avec goût. Il ne nous reste maintenant plus qu'à descendre les cinq marches de pierres qui se jettent dans le lac pour atteindre notre moyen de transport. La vue est magnifique, et chaque marche est un plaisir, Capucine saute tout le long et fait la folle comme elle dit plutôt que de faire une petite sièste!
De retour à Puno, Xavier accepte de faire une petite entorse au programme et nous fait visiter le marché de contrebande. Les articles contrefaits arrivent illégalement pour la plupart de Bolivie par bateau et se vendent facilement à des péruviens en mal de modernisme.
Je vous épargne la fin de journée qui ne présente pas beaucoup d'interêt en dehors du fait que nous rencontrons une nouvelle fois les français de la Loire. Nous voyagerons demain avec eux dans le bus qui nous emporte pour Cuzco.